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DE LA VILLE DE PARIS.
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CII. — [Lettres de Mon
i 5 novembre 155
Du xv0 dudict moys de Novembre.
Ce jourd'huy ont esté receuz lettres de Monsei­gneur le Connestable, desquelles la teneur en­suyt.
i 2 novembre.
r Mess", j'ay faict veoir au Roy la lettre que luy avez escripte et à moy pareillement, du ixe de ce moys'1'. Et quant au congié et permission que au­cuns Allemans vous ont faict demander pour sortir de Paris, vous avez trés bien faict de ne leur en avoir riens bailler par escript et d'avoir remys cela à la volunté et ordonnance du Roy, encores que ce soit chose qu'ilz puissent faire sans aucun congié ny permission; et ne sçaurrêz mieulx faire, s'il vous en font de nouveau resercher, que de leur respondre que c'est chose que vous n'avez point acoustumé faire, et qu'ilz s'en adressent audict Seigneur.
«Au regard de la porterne qui est près du chas­teau de la Bastille, que vous avez advisé de faire clore et murer, mon lieutenant audict chasteau m'a adverty que, sans ladicte poterne, l'on ne pourroit
SEIGNEUR LE CONNESTABLE.] 2. (B fol. 5i r°.)
tourner et visiter à l'entour dudict chasteau pour prendre garde aux prisonniers, et quc ladicte po­terne est farinée d'une forte, bonne et grosse porte dont luy seul a les clefs, de sorte qu'il n'en scauroit advenir inconvenient'2' : qui est cause que je vous prie remettre cela jusques à l'arrivée du Roy à Paris, qui sera de brief comme j'espere; et alors, après que j'auray veu ce qu'elle peult apporter de commodité ou incommodité à la ville et audict chasteau, il sera assez temps d'y faire pourveoir selon que l'on co­gnoist™ estre à faire.
"Priant Dieu, Mess™,qu'il vous doint ce que plus desirez.
«Escript à Chaaslons, le xii0 jour de Novembre, l'an mil cinq cens cinquante deux."
"Vostre bon amy,
MoNTMORANCY."
Et a la subscription :
A Mess" Ies Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
CHI. — Responce aux lettres de Monseigneur le Connestable.
i5 novembre i552. (B lol. 5i v°.)
tt Monseigneur, le jour d'hier, sur les six heures du soir, nous avons receu vostre lettre escripte à Chaa­lons le xii6 jour de ce moys '3'. Ce jourd'huy, entre sept et huit du matin, nous estans ensemble, avons mandé les maistres des euvres de ceste Ville, aus­quelz après avoir fait entendre ce que nous vous avyons escript, la responce qu'il vous avoit pleu faire à nostre lettre, nous avons faict deffence de ne pro­ceder à l'execution de l'ordonnance faicte touchant la poterne de la Bastille<4', leur declairant que nostre conclusion estoit de ne faire aucune chose et de ne passer plus avant, jusques ad ce que par vous en fut ordonné : vous suppliant trés humblement croire que en ce et toutes autres choses qu'il vous plaira nous
commander et trouver bonnes pour le service du Roy, et de la Ville et de sa chose publicque, vous nous trouverez toujours bien préparez et délibérez à nous y employer entierement, et sy le cas s'offroit, tel comme il s'est offert par ci devant, nous ne fauldrons à nous conduire et gouverner selon vostre bon conseil et advis.
"Monseigneur, nous prirons Nostre Createur vous donner sa grace, et en santé bonne vie, ct longue.
«A Paris, ce xv° jour de Novembre m vc lu.
"Voz trés humbles, obeyssans serviteurs,
"Les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris."
O Ces lettres sont rapportées à l'art, ci-dessus XCIII.
(2) Ce passage vise le second paragraphe de la missive du Bureau en dale du 9 novembre ; sur quoi voir ci-dessus, page 61, colonne 1, et notes y afférentes.
'3' Voir l'arlicle précédent. <4' Voir la note 2 ci-dessus.